Chaque 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes revient avec son lot de messages, de débats et parfois de malentendus. Trop souvent, certains réduisent cette lutte à des détails du quotidien : « Tu peux porter ça toi-même », « Tu peux ouvrir ta porte », ou encore « Vous voulez l’égalité, non ? ».
Mais la question des droits des femmes ne se résume pas à la galanterie. Elle ne concerne ni le fait d’ouvrir une porte ni celui de porter un sac. Il est essentiel de faire la distinction entre la courtoisie et les droits fondamentaux.
Instituée par l’ONU en 1977, cette journée met en lumière les inégalités persistantes. Pour 2026, le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles » insiste sur un point crucial : avoir des droits inscrits dans la loi ne suffit pas. Encore faut-il que ces droits soient respectés, protégés et appliqués.
Les droits, ce sont des garanties légales et sociales. Ce sont le droit de participer à la vie politique, de se présenter à une élection, d’occuper des postes de décision, d’avoir un accès équitable aux ressources et aux opportunités. Ce sont des droits qui structurent une société.
En Haïti, les femmes occupent déjà de nombreux rôles exécutifs dans les entreprises, les écoles, les organisations et les institutions. Elles dirigent, organisent, innovent. Pourtant, dans l’espace politique, leur présence reste marginale. Moins de 5 % des postes politiques sont occupés par des femmes. Cette disproportion révèle que l’égalité réelle est encore loin d’être atteinte.
Il ne s’agit pas de savoir qui « dirige le foyer » ou qui tient la porte. Il s’agit de savoir si une femme peut se présenter à une fonction publique sans être marginalisée, si elle peut être perçue comme une leader légitime et non simplement comme une assistante ou une secrétaire. Trop souvent, les hommes récoltent la visibilité et la reconnaissance, même lorsque des femmes participent activement aux décisions.
À mesure qu’Haïti cherche à se renforcer comme nation, il est indispensable de reconnaître que les femmes peuvent, elles aussi, façonner l’avenir du pays. Elles ne doivent pas être vues uniquement comme des soutiens, mais comme des décideuses. L’égalité ne signifie pas renoncer à la courtoisie ; elle signifie garantir les mêmes chances et le même respect.
Le 8 mars nous rappelle que la lutte dépasse les symboles. Elle concerne la représentation, la justice et l’accès au pouvoir. L’égalité des droits n’est pas une faveur accordée aux femmes. C’est une condition essentielle au développement d’une société équilibrée et moderne.






