Le carnaval s’installe progressivement dans plusieurs villes d’Haïti, confirmant la volonté des autorités d’opter pour une formule décentralisée dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants. Inspirée de la tradition populaire et soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication, la saison carnavalesque se vit cette année à l’échelle locale, permettant aux communes de célébrer selon leurs réalités et leurs moyens.
Dans le Nord-Est, Fort-Liberté s’impose comme l’un des pôles majeurs des festivités régionales. La ville a lancé la deuxième édition de son carnaval régional autour du thème « Ayiti devan devan nan Tèt Ansanm », réunissant autorités municipales, artistes et membres de la société civile. Les rues du centre-ville ont accueilli des défilés de bandes à pied, des groupes déguisés et des performances musicales qui ont attiré une foule nombreuse. Cette initiative vise à valoriser le patrimoine culturel de la région et à renforcer la cohésion sociale, dans un climat où la culture devient un espace d’expression et de rassemblement.
Dans la région métropolitaine, Port-au-Prince, Pétion-Ville et Delmas ont également vibré au rythme des activités précarnavalesques. À Port-au-Prince, des spectacles de rue et des animations musicales ont ponctué les week-ends, tandis qu’à Pétion-Ville et à Delmas, des chars musicaux, des DJ et des groupes locaux ont investi les principales artères, offrant aux habitants une parenthèse festive très attendue. Malgré quelques tensions ponctuelles, l’ambiance générale est restée marquée par une participation massive des jeunes et des familles.
Plus au nord, le Cap-Haïtien a renoué avec ses parades colorées et ses groupes à pied sillonnant les principales rues de la cité historique. Dans le Sud, Les Cayes ont accueilli des défilés animés par des rythmes traditionnels et des formations musicales locales, tandis qu’à Jérémie, les habitants ont organisé des activités communautaires où costumes, danses et musique ont investi l’espace public. Sans oublier Jacmel et son traditionnel carnaval.
Cette multiplication des célébrations régionales montre que le carnaval haïtien, au-delà d’un simple événement festif, demeure un marqueur identitaire fort. En choisissant la décentralisation, les autorités cherchent à maintenir vivante cette tradition tout en adaptant son organisation aux réalités actuelles.
Dans chaque ville, le carnaval devient ainsi un symbole de résilience collective, un moment où la musique, la créativité et la communion populaire prennent le dessus sur les incertitudes du quotidien.






















