L’écrivain haïtien Thélyson Orélien est sorti de son silence pour répondre aux accusations entourant son roman « C’était ça ou mourir », publié en 2026 chez Grasset. Alors que des soupçons circulent sur une éventuelle utilisation de l’intelligence artificielle dans l’écriture de l’ouvrage, l’auteur rejette fermement ces allégations. Dans une déclaration publiée par son éditeur, Boréal, il affirme avoir écrit lui-même ce récit inspiré de son expérience et de celle d’autres migrants. Il distingue ainsi la controverse liée à son passé littéraire des interrogations concernant la genèse de son dernier livre.
Pour défendre l’authenticité de son travail, Thélyson Orélien revient sur le long processus d’écriture du roman, commencé à l’automne 2017 à Laval, au Québec. Il explique avoir achevé une première version de plus de 300 pages en 2019, alors qu’il venait d’apprendre la mort de sa mère. L’écrivain reconnaît avoir utilisé certains outils pour effectuer des recherches, notamment sur des expressions étrangères, mais nie que des machines aient produit les phrases ou construit le récit. Il présente « C’était ça ou mourir » comme une œuvre profondément personnelle, nourrie par le deuil, les blessures de l’exil et les réalités vécues par les migrants.
Toutefois, l’auteur ne cherche pas à esquiver les accusations de plagiat qui ont également terni son parcours. Il reconnaît avoir commis, dans sa jeunesse, des erreurs qu’il qualifie d’inacceptables. Des passages de sa nouvelle « Où va le monde », qui lui avait valu le Prix du public de Radio-Canada en 2014, ont été retrouvés dans d’autres textes. Évoquant son admiration pour plusieurs écrivains, notamment René Depestre, Édouard Glissant, Aimé Césaire et Ernest Hemingway, il admet que sa fascination pour certaines œuvres ne justifiait aucunement de s’approprier des textes qui n’étaient pas les siens. Il présente ses excuses sans réserve et dit regretter profondément ces actes.
Au cœur de sa défense se trouve une distinction qu’il estime essentielle : reconnaître des fautes passées ne devrait pas conduire automatiquement à mettre en doute l’origine de toutes ses œuvres. Thélyson Orélien demande donc que son roman soit évalué pour ce qu’il est, sans que les controverses précédentes constituent à elles seules une preuve contre lui. Cette position soulève une question importante dans le monde littéraire : comment concilier la responsabilité d’un auteur face à ses erreurs, les exigences de transparence et la nécessité d’examiner chaque œuvre à partir d’éléments propres à celle-ci ?
Malgré la polémique, « C’était ça ou mourir » continue de susciter l’intérêt du public et du milieu littéraire. Le roman, qui raconte l’histoire de Jonas Dorléon, reste en lice pour les prix Renaudot et Médicis en France. Selon les chiffres rapportés par Le Devoir, son édition chez Grasset avait atteint 73 683 exemplaires vendus en sept semaines. Entre défense de sa création, aveu de fautes anciennes et attentes du public, Thélyson Orélien se retrouve ainsi confronté à un défi majeur : convaincre les lecteurs que son œuvre peut être examinée indépendamment de son passé, sans pour autant échapper à la responsabilité que celui-ci implique.
