À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, une question mérite qu’on s’y attarde : pourquoi est-il encore si difficile de dire « ça ne va pas » au bureau ? Beaucoup de jeunes professionnels haïtiens préfèrent serrer les dents plutôt que d’admettre qu’ils traversent une période de stress intense, de fatigue mentale ou de doute. La peur est simple à nommer : passer pour quelqu’un de « faible » ou de « pas fiable » aux yeux d’un patron ou de collègues.
Pourtant, la réalité du monde du travail évolue, et de plus en plus d’entreprises à travers le monde, et progressivement en Haïti aussi, reconnaissent que la santé mentale fait partie intégrante de la performance, au même titre que les compétences techniques. Un employé qui ose dire qu’il a besoin d’une pause, d’un aménagement temporaire ou simplement d’être écouté n’est pas un employé à risque : c’est souvent celui qui, une fois soutenu, revient plus engagé et plus loyal.
La bonne nouvelle, c’est que parler de santé mentale au travail ne demande pas un grand discours ni une confession complète à toute l’équipe. Cela peut commencer petit : une conversation honnête avec un collègue de confiance, un message clair à un superviseur bienveillant, ou même le simple fait de poser une limite sur ses horaires. Choisir le bon interlocuteur, le bon moment et des mots simples. « Je traverse une période difficile, j’aurais besoin de… » suffit souvent à ouvrir la porte à du soutien plutôt qu’au jugement.
En cette veille de Journée mondiale de la santé mentale, Le Témoin Haïti rappelle une vérité simple : demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec, c’est un acte de lucidité et de courage. Et plus nombreux seront ceux qui osent en parler, plus vite le silence et la stigmatisation reculeront dans nos milieux professionnels.
