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Maisons de retraite en Haïti : Pourquoi elles restent (presque) invisibles

Quand on parle de vieillir en Haïti, la maison de retraite ne vient jamais à l’esprit. Ici, ce sont les familles qui prennent soin des anciens, parfois à plusieurs générations sous un même toit. Les maisons de retraite, telles qu’on les connaît en Occident, sont quasi-inexistantes. Mais pourquoi ?

La réponse tient en un mot : l’attachement. Dans la culture haïtienne, vieillir, c’est rester au cœur de la vie familiale. Les grands-parents sont la mémoire vivante, la sagesse, ceux qui transmettent les histoires, surveillent les petits-enfants, conseillent les adultes. Les éloigner serait perçu comme un abandon – voire une honte. Ces valeurs sont ancrées, plus fortes que la modernité.

Il y a aussi un aspect très pratique. La pauvreté, l’absence de services sociaux structurés, les faibles moyens économiques : tout cela rend difficile la création de structures privées ou publiques spécialisées. Même ceux qui pourraient se le permettre préfèrent investir dans un accompagnement à domicile.

Cela ne veut pas dire que tout est simple. Prendre soin d’un aîné malade ou en perte d’autonomie demande du temps, de l’argent, de l’énergie. Parfois, les familles craquent, mais la solidarité prime. L’entraide va au-delà du cercle familial, avec voisins, amis, et même associations locales qui mettent la main à la pâte.

Les mentalités évoluent, bien sûr. Entre exils, changements sociaux et nouveaux défis, certains commencent à envisager d’autres solutions. Mais pour beaucoup, la vraie maison de retraite, ça restera toujours la chambre d’à côté, le fauteuil sous la galerie, la vie partagée… jusqu’au bout.

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