Les 8 et 9 mai 2026, à Léogâne, le CAPAC Haïti a réuni une vingtaine d’acteurs locaux de protection autour d’une formation consacrée aux violences basées sur le genre (VBG). Pendant deux jours, avec l’appui de l’UNICEF, l’objectif n’a pas été uniquement de former, mais de préparer des réponses concrètes face à une réalité qui continue d’affecter profondément la vie des femmes et des filles.
La formation a mis l’accent sur une idée essentielle : savoir identifier les risques, c’est déjà commencer à protéger. Les participants ont travaillé sur le repérage des situations qui exposent les survivantes aux violences, ainsi que sur les mécanismes permettant une prise en charge respectueuse et digne. Un point jugé fondamental par les intervenants, qui ont rappelé qu’une personne victime de violence ne doit jamais subir une seconde forme de maltraitance à travers l’accueil ou l’accompagnement reçu.
Les échanges ont également porté sur les mécanismes de référencement dans la région des Palmes. Le message transmis était clair : lorsqu’un cas est bien orienté, le suivi devient plus rapide, plus sécuritaire et plus cohérent. Derrière ces procédures, il est question de protection, de justice et de continuité dans l’accompagnement des survivantes.
Au-delà du contenu technique, la rencontre a surtout permis de faire entendre les réalités du terrain. Les participants ont partagé leurs expériences, évoqué les difficultés rencontrées dans les communautés et identifié plusieurs pistes pour renforcer les stratégies de prévention. L’accent a été mis sur des approches plus proches des réalités locales et davantage ancrées dans les communautés.
Les organisateurs ont rappelé que cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de sensibilisation et de protection des femmes et des filles confrontées aux violences, notamment dans des contextes où la peur, le silence ou le manque d’options empêchent souvent les victimes de demander de l’aide.
À l’issue de l’activité, le CAPAC Haïti a salué l’engagement des participants ainsi que le soutien des institutions partenaires. L’organisation a également renouvelé sa volonté de poursuivre la lutte contre les violences basées sur le genre à travers le pays.
Au fond, un même constat s’impose : dans un contexte marqué par de fortes vulnérabilités sociales et sécuritaires, protéger les femmes et les filles exige bien plus que des discours. Cela demande de la solidarité communautaire, de la rigueur, du respect et une mobilisation qui ne faiblit pas.