La démocratie ne peut exister sans la participation active des citoyens. Parmi les gestes les plus simples, mais aussi les plus importants, figure l’inscription sur les listes électorales. Ce n’est pas une simple formalité administrative : c’est un acte de responsabilité qui permet à chaque citoyen d’exercer son droit de vote et de contribuer au choix des dirigeants appelés à conduire le pays.
En Haïti, cette responsabilité prend aujourd’hui une importance particulière. Depuis les élections générales de 2016, le pays n’a plus connu de scrutin national. Les crises politiques successives, l’insécurité grandissante, l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et les nombreuses difficultés institutionnelles ont continuellement repoussé le retour aux urnes. Pendant près d’une décennie, les Haïtiens ont été privés de la possibilité de renouveler démocratiquement leurs représentants.
Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre. Le Conseil électoral provisoire (CEP) a engagé un processus d’inscription des électeurs sur le registre électoral et publié un calendrier prévoyant l’organisation d’élections présidentielle, législatives et locales, si les conditions sécuritaires et logistiques le permettent. Le CEP invite chaque citoyenne et chaque citoyen à se rendre dans les Centres d’inscription et de vote (CIV), munis de leur carte d’identification nationale valide, afin de s’enregistrer sur les listes électorales.
Cette démarche est essentielle. En effet, aucun citoyen ne pourra voter s’il n’est pas inscrit sur les listes électorales. Beaucoup souhaitent voir le pays changer, dénoncent les difficultés économiques, l’insécurité ou encore le dysfonctionnement des institutions. Toutefois, ces aspirations ne pourront se traduire dans les urnes que si les électeurs accomplissent, au préalable, cette obligation civique. Le droit de vote commence par l’inscription sur le registre électoral.
S’enregistrer, c’est également envoyer un message fort en faveur de la démocratie. C’est affirmer que le peuple demeure le véritable détenteur de la souveraineté nationale et qu’il entend participer aux décisions qui concernent son avenir. Plus le nombre de citoyens inscrits sera élevé, plus les futures élections pourront refléter la volonté populaire.
Bien entendu, l’inscription sur les listes électorales ne résoudra pas, à elle seule, les profondes difficultés auxquelles Haïti est confrontée. La sécurité, la transparence du processus, l’indépendance des institutions et la confiance de la population demeurent des défis majeurs. Cependant, aucune démocratie ne peut fonctionner sans électeurs inscrits et sans citoyens prêts à exercer leur droit de vote.
Chaque Haïtienne et chaque Haïtien en âge de voter devrait donc considérer son inscription non comme une contrainte, mais comme un devoir citoyen. C’est une manière concrète de participer à la reconstruction des institutions démocratiques, de faire entendre sa voix et de contribuer, par un geste simple, à l’avenir du pays.
La démocratie ne se construit pas uniquement le jour du scrutin. Elle commence bien avant, avec un citoyen qui choisit de s’inscrire sur les listes électorales afin d’être prêt, le moment venu, à exercer le plus précieux de ses droits : celui de voter.