Le 3 avril 2026, à Delmas, le Vendredi saint ne se vit plus dans les rues. Pendant de nombreuses années, les fidèles se rassemblaient en procession à cette occasion. Cette année, le Chemin de Croix n’a pas eu lieu à l’extérieur, sur décision des organisateurs, afin de protéger les vies face à l’insécurité croissante.
Autrefois, la procession se terminait parfois très tôt, dès 9 heures, ce qui faisait que de nombreux fidèles arrivaient alors que les rues étaient déjà libérées. Ces rassemblements constituaient un moment fort de communion. Aujourd’hui, cependant, la situation sécuritaire et la circulation ne permettent plus de maintenir cette tradition telle quelle.
Pour préserver le rite, chaque paroisse a organisé le Chemin de Croix à l’intérieur des églises. Si la participation a parfois diminué, la foi, elle, demeure. Elle se vit désormais de manière plus intime, plus silencieuse, portée par le recueillement et la prière.
Malgré la distance imposée par la peur, la communauté ne se tait pas. Beaucoup appellent l’État haïtien à garantir la sécurité afin de permettre aux traditions de reprendre leur place. Pour les fidèles, l’abandon n’est pas une option : ils affirment que Dieu n’a pas disparu et que la foi peut continuer, même lorsque les rituels changent de lieu.
Delmas prie, Delmas attend et garde la foi, malgré tout.