L’exploit n’a finalement pas eu lieu, mais les émotions vécues à la Place Boyer, ce mercredi 24 juin 2026, resteront gravées dans les mémoires. Réunis pour suivre la dernière rencontre entre Haïti et le Maroc dans le cadre de la Coupe du monde, des centaines de supporters ont vécu une fin d’après-midi faite d’espoir, de passion et de fierté.
Pourtant, au début de l’activité, l’ambiance semblait bien différente de celle observée lors des deux précédents matchs des Grenadiers. La foule était moins dense, les bandes à pied absentes et l’animation paraissait avoir perdu une partie de son éclat. Mais au fil des minutes, Place Boyer s’est progressivement remplie, retrouvant peu à peu son énergie habituelle.
Les animateurs ont rapidement pris les choses en main. Micro en main, ils ont invité les supporters à croire en l’impossible, répétant que cette journée pouvait être celle de l’exploit haïtien. Peu à peu, les trompettes ont commencé à résonner, les chants à s’élever et les drapeaux à flotter au-dessus de la foule. Parmi les personnes présentes figuraient de nombreux élèves venus assister à ce rendez-vous historique, ainsi que le magistrat Kesner Normil. Plusieurs supporters portaient également des maillots de la sélection nationale ou des maillots Active, notre partenaire.
Alors que les rencontres Haïti–Maroc et Brésil–Écosse débutaient simultanément, le premier fait marquant est venu du match du Brésil. Lorsque la Seleção a ouvert le score face à l’Écosse, seule une minorité de personnes a réagi. Toute l’attention était tournée vers les Grenadiers. Quelques minutes plus tard, lorsqu’on a trouvé le chemin des filets face au Maroc, Place Boyer a littéralement explosé. Les cris de joie ont couvert tous les autres bruits. Les slogans « Yo pa ka jwe ! » et « Grenadye alaso ! » retentissaient sans interruption. Pour de nombreux jeunes présents, c’était une première. Haïti a marqué, et le rêve de tout un peuple s’est réalisé.
L’égalisation marocaine a certes provoqué un moment de nostalgie et d’inquiétude, mais elle n’a pas éteint l’espoir. Les supporters continuaient d’encourager les leurs, convaincus qu’un second but pouvait arriver. Lorsque Wilson Isidor nous a donné l’avantage, Place Boyer est entrée dans une autre dimension. Les embrassades, les chants et les célébrations se multipliaient dans tous les coins de la place. Même l’égalisation marocaine juste avant la pause n’a pas réussi à briser cet élan. Durant l’entracte, plusieurs cadeaux ont été distribués au public, notamment des maillots de la sélection nationale, de petits sacs promotionnels et d’autres articles offerts par les partenaires.
La rencontre a également été marquée par la frustration du public face à plusieurs décisions du corps arbitral. À plusieurs reprises, les supporters ont exprimé leur mécontentement après des actions jugées défavorables aux Grenadiers, dont le dernier but encaissé. Des huées et des protestations ont accompagné certaines décisions qui, selon de nombreux observateurs présents, ont influencé le déroulement du match. Malgré cette colère, les encouragements n’ont jamais cessé. Chaque récupération de balle, chaque intervention défensive et chaque tentative offensive haïtienne étaient saluées par des applaudissements.
Au coup de sifflet final, l’élimination d’Haïti a provoqué de la déception, mais surtout un immense sentiment de fierté. Les sourires demeuraient visibles malgré la défaite. Les discussions portaient davantage sur le courage des joueurs que sur le résultat. La plus grande satisfaction de la soirée fut sans doute de voir la FIFA mettre en avant le but de Wilson Isidor comme le symbole d’une nation entière et comme la plus belle réalisation du tournoi jusqu’à présent.
Bien plus qu’un match, cette soirée était un pas géant dans l’histoire du football haïtien, un pas géant vers de nouveaux exploits sportifs et historiques. Même dans la défaite, les Grenadiers ont offert aux Haïtiens un moment de bonheur collectif qui restera longtemps inscrit dans les cœurs.
Grenadye alaso !