À l’approche de la clôture du centenaire de René Depestre, prévue le 29 août prochain, la Direction nationale du Livre multiplie les initiatives pour faire vivre l’œuvre du poète auprès des étudiants, des lecteurs et du public. Pour cela, elle fait des projections documentaires, des échanges et des expositions de textes dans les activités qu’elle a organisées dans cette dernière phase de la célébration.
La Direction nationale du Livre (DNL) s’apprête à mettre un terme aux activités marquant le centenaire de René Depestre. Lancée le 29 août 2025, cette initiative entendait rendre hommage à l’œuvre prolifique de l’écrivain haïtien et rappeler la place qu’il occupe dans le patrimoine littéraire national et international. À quelques jours de la clôture officielle, prévue le 29 août prochain, l’institution poursuit ses activités dans plusieurs espaces universitaires et bibliothèques.
Le mercredi 5 août, la DNL a notamment organisé une projection du film On ne rate pas une vie éternelle à l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH). Réalisé par le cinéaste Arnold Antonin, le documentaire retrace la vie, le parcours et l’œuvre de René Depestre. La projection a permis aux participants de revisiter les différentes étapes de la trajectoire de l’écrivain et de mieux saisir l’ampleur d’une production littéraire qui s’est construite entre Haïti et plusieurs autres espaces culturels.
À la suite de la projection, un échange a réuni les étudiants de l’UNDH autour de l’œuvre du poète. Le professeur Marc Exavier, coordonnateur du comité de pilotage de la célébration, a animé cette discussion consacrée à la portée de la production littéraire de Depestre. Les échanges ont notamment mis en évidence la dimension nationale et internationale de son œuvre et l’importance de la transmettre aux nouvelles générations.
Les organisateurs ont également exposé plusieurs textes et ouvrages permettant de parcourir différentes facettes de l’écriture de Depestre. Parmi eux figure Le Mât de cocagne , publié chez Gallimard en 1978 et récompensé par le Prix de la Société des gens de lettres. Le roman raconte l’histoire d’Henri Postel, un homme d’action confronté à une dictature qui cherche à l’écarter de la vie publique. À travers la satire, l’auteur interroge notamment le pouvoir, la résistance individuelle et la capacité d’une communauté à retrouver le goût de l’action collective.
La poésie occupe également une place importante dans cette exposition. Publié en 1956, Minerai noir rappelle l’importance de l’histoire, de la mémoire et de l’expérience collective dans l’écriture de Depestre. Le poème La Corde, présenté parmi les textes exposés, aborde quant à lui la solitude moderne à travers une écriture fortement imagée, où l’expérience personnelle se mêle à une réflexion plus large sur la condition humaine.
Autre œuvre mise en avant, Un Arc-en-ciel pour l’Occident chrétien , publié en 1967 aux éditions Présence Africaine. L’ouvrage aborde notamment l’histoire haïtienne, le vodou et la situation des populations noires en Amérique. Il a également donné lieu à une adaptation théâtrale. À travers cette œuvre, Depestre explore des thèmes liés à l’identité, à la culture, à la fraternité et aux relations humaines, témoignant une nouvelle fois de la diversité des préoccupations qui traversent son écriture.
À travers ces différentes activités, la DNL entend faire de la clôture du centenaire bien plus qu’une simple cérémonie commémorative. La démarche vise également à encourager la lecture et la transmission d’une œuvre qui, plusieurs décennies après la publication de ses premiers textes, continue de nourrir la réflexion sur Haïti, son histoire, sa culture et son rapport au monde. Le 29 août marquera ainsi la fin officielle de cette année de célébration, mais aussi, pour les organisateurs, une nouvelle occasion de rappeler que l’œuvre de René Depestre demeure un patrimoine à lire, à questionner et à transmettre.