Le civisme ne se mesure pas uniquement lors des cérémonies officielles, des élections ou des campagnes de sensibilisation. Il s’exprime surtout dans les gestes du quotidien, lorsque personne n’est là pour applaudir, récompenser ou sanctionner. Respecter la loi quand personne ne regarde constitue sans doute l’un des plus grands défis de la citoyenneté et le véritable test du civisme.
Il est relativement facile de respecter une règle lorsqu’un policier est présent, lorsqu’une caméra surveille les lieux ou lorsque l’on craint une amende. En revanche, agir correctement en l’absence de toute surveillance révèle une motivation plus profonde : celle d’obéir à la loi par conviction et non par peur.
Le civisme repose sur une idée simple : les lois existent pour protéger l’intérêt général. Les respecter, même lorsque personne ne peut constater notre comportement, contribue au bon fonctionnement de la société.
Le véritable civisme se manifeste souvent dans des situations ordinaires :
- Attendre son tour dans une file sans chercher à passer devant les autres.
- Respecter un feu rouge, même lorsque la route est déserte.
- Ne pas jeter de déchets dans la rue.
- Restituer un objet trouvé à son propriétaire.
- Refuser de payer ou de recevoir un pot-de-vin.
- Dire la vérité, même lorsqu’un mensonge semblerait plus avantageux.
Aucun de ces actes ne fait la une des journaux. Pourtant, leur accumulation façonne une société plus juste, plus sûre et plus harmonieuse.
Nombreux sont ceux qui justifient certains comportements par des phrases comme : « Tout le monde le fait », « Ce n’est pas grave » ou encore « Personne ne s’en apercevra ».
Mais ces petites transgressions ont des conséquences bien réelles. Une fraude ici, un mensonge là, un acte de corruption ailleurs… Mis bout à bout, ces comportements fragilisent la confiance entre les citoyens et les institutions.
Une société ne s’effondre pas uniquement à cause des grands scandales. Elle peut aussi être affaiblie par la répétition de milliers de petites incivilités devenues banales.
Le civisme est contagieux. Lorsqu’un parent respecte les règles, ses enfants apprennent à faire de même. Lorsqu’un enseignant agit avec intégrité, il transmet des valeurs qui dépassent les murs de la salle de classe. Lorsqu’un commerçant refuse la fraude, il contribue à instaurer une culture de confiance.
À l’inverse, chaque comportement irresponsable encourage d’autres personnes à agir de la même manière.
Être un citoyen exemplaire ne signifie pas être parfait. Cela signifie faire le choix quotidien d’agir correctement, même lorsque personne ne nous observe.
Dans un contexte où les institutions sont parfois mises à rude épreuve, le respect volontaire des lois devient encore plus essentiel. Le développement d’un pays ne dépend pas uniquement des gouvernements ou des dirigeants. Il repose également sur les comportements quotidiens de millions de citoyens.
Respecter les règles de circulation, protéger les biens publics, payer ses impôts lorsqu’on y est soumis, préserver l’environnement, respecter les files d’attente, lutter contre la corruption et accomplir honnêtement son travail sont autant d’actes qui renforcent progressivement la société.
Le changement collectif commence toujours par une décision individuelle.
Former des citoyens responsables ne consiste pas seulement à leur faire connaître les lois. Il s’agit aussi de développer leur sens moral, leur esprit critique et leur compréhension du bien commun.
L’école, la famille, les médias, les organisations communautaires et les institutions publiques ont tous un rôle à jouer dans la promotion d’une culture où le respect de la loi est perçu non comme une contrainte, mais comme un engagement envers la communauté.
Respecter la loi lorsque personne ne regarde est la preuve que le civisme est devenu une valeur personnelle plutôt qu’une simple obligation. Une société véritablement démocratique ne repose pas uniquement sur des sanctions ou des contrôles. Elle s’appuie avant tout sur des citoyens qui choisissent librement d’agir avec honnêteté, responsabilité et respect.
Le véritable civisme ne commence pas sous le regard des autres. Il commence dans les décisions que chacun prend, seul, lorsque personne n’est là pour juger ses actes.