Dans les rues de Grand-Goâve, les pas des élèves avançaient lentement sous les couleurs bleu et rouge. Des chants patriotiques s’élevaient, portés par les regards attentifs des habitants. Le 18 mai 2026, derrière l’ambiance de fête, une réalité plus profonde s’imposait : celle d’un pays qui cherche encore comment transmettre des valeurs solides à sa jeunesse.
Le mouvement MOCADECIM (Mouvement des citoyens actifs pour le développement civique et moral) a organisé la troisième édition du « Mach Parad scolaire civique et moral », dans le cadre de la célébration de la Fête du drapeau haïtien. Plusieurs écoles, des autorités locales, des partenaires ainsi que des artistes invités ont pris part à cette mobilisation axée sur le civisme et l’éducation morale.
Cette année, l’activité visait à dépasser la simple commémoration. Les organisateurs ont voulu rappeler qu’une nation ne peut se construire durablement si les jeunes grandissent sans repères, sans discipline et sans sens du respect collectif.
Parmi les acteurs engagés figuraient Laurent Pierre Junior ainsi que le vice-président de AI Precisely, mobilisés autour de cette initiative centrée sur la jeunesse et la transmission des valeurs civiques.
Très tôt, les élèves ont défilé avec sérieux : uniformes propres, rangs disciplinés, regards concentrés. Pour de nombreux observateurs, cette image portait un message fort. Elle montrait une jeunesse capable d’ordre et de cohésion, malgré un contexte national marqué par de nombreuses difficultés.
Le thème — patriotisme, civisme, discipline et valeurs morales — résonnait comme une réponse directe aux inquiétudes actuelles. Dans un climat souvent dominé par la peur et le découragement, plusieurs parents ont suivi la marche avec émotion, entre applaudissements discrets et silences lourds de sens.
Les prestations culturelles ont apporté une touche de chaleur à la journée, sans détourner l’attention du message central. Car au fond, cette marche traduisait un besoin urgent : réapprendre aux jeunes à croire au collectif et à respecter les fondements de la vie en société.
Les organisateurs ont également remercié Batasoto pour son soutien à la réalisation de l’événement et espèrent élargir la participation lors des prochaines éditions.
À Grand-Goâve, ce « Mach Parad » a laissé une impression durable. Pendant quelques heures, les rues ont offert une autre image du pays : celle d’une jeunesse encadrée, attentive et digne. Une image simple, mais suffisamment forte pour rappeler que l’éducation civique reste l’un des leviers essentiels pour reconstruire le lien social en Haïti.