Il s’agit du poids d’une seule grosse fraise ou d’un œuf moyen.
Toutes les vidéos, les e-mails, les photos et les recherches stockés et transférés chaque seconde à travers la planète reposent sur le mouvement d’un nombre inimaginable de minuscules particules sous-atomiques.
D’où vient ce chiffre de 50 grammes ? Cette estimation provient des calculs du physicien Russell Seitz. Pour maintenir l’ensemble des serveurs, routeurs et centres de données de la planète sous tension, le réseau mondial consomme en permanence des dizaines de milliards de watts d’électricité. Cette électricité n’est rien d’autre qu’un flux d’électrons en mouvement. En additionnant la masse de tous ces électrons circulant simultanément dans les circuits du Web, on obtient une masse totale d’environ 50 grammes.
Et le poids de l’information elle-même ? Il faut distinguer le matériel en fonctionnement des données qu’il contient. Si l’on isole uniquement la charge électrique nécessaire pour stocker les données (les bits 0 et 1 dans les mémoires flash et serveurs), le résultat est encore plus étourdissant : l’ensemble des données de l’Internet mondial ne pèse que 0,2 microgramme, soit l’équivalent d’un unique grain de poussière invisible à l’œil nu.
Toute la mémoire du monde, la culture humaine et nos échanges virtuels ne pèsent physiquement pas plus lourd qu’un fruit. Pourtant, pour faire bouger cette poignée d’électrons à travers le globe, il faut déployer des millions de serveurs, des milliers de kilomètres de câbles sous-marins et une quantité gigantesque d’énergie électrique. La mémoire de l’humanité est presque immatérielle, mais son empreinte dans le monde réel est colossale.