L’écrivain québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien poursuit son parcours dans la littérature francophone. Son premier roman, « C’était ça ou mourir », publié au Québec et à paraître en France chez Grasset, lui a permis de décrocher le Prix Méduse 2026. Le livre est également en lice pour le Prix du Roman Fnac 2026.
L’écrivain, poète et critique Thélyson Orélien est devenu lauréat de la cinquième édition du Prix Méduse. Son roman « C’était ça ou mourir » s’est imposé face à « Abdallah Superstar » d’Iman Ahmed, publié chez Actes Sud, et à « Les Fils du kapokier » de Jean-Philippe Louis, publié chez Gallimard. Les trois ouvrages avaient été retenus le 23 juillet dernier, après une première sélection de sept titres dévoilée au début du mois.
Créé en 2022, le Prix Méduse récompense chaque année un roman ou un récit de langue française considéré comme une découverte susceptible de marquer la rentrée littéraire. Pour cette cinquième édition, le prix est doté de 5 000 euros et d’une œuvre de l’artiste Nicolas Lefebvre. Le jury est présidé par David Frèche et réunit notamment Anne Berest, Marc Lambron, Simon Liberati, Thibault de Montaigu, Vanessa Schneider, Bruno de Stabenrath et Gaël Tchakaloff. Quatre nouveaux membres ont rejoint le jury cette année : Mokhtar Amoudi, Clara Dupont-Monod, Esther Teillard et Adèle Van Reeth.
Avec « C’était ça ou mourir », Thélyson Orélien signe un premier roman consacré à l’exil et à la survie. Le récit suit Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie à Port-au-Prince et poète, contraint de quitter Haïti après l’embrasement de son quartier. Il prend la route avec quelques effets personnels, dont un diplôme, un cahier de poèmes et une photographie de sa mère. Son périple le conduit à travers la République dominicaine, le Brésil, le Mexique et la jungle du Darién, avant de se poursuivre vers les États-Unis et le Canada.
À travers le parcours de Jonas, l’auteur donne une dimension humaine à une réalité souvent réduite aux chiffres de la migration. La faim, la peur, la violence, les séparations, les rencontres et les élans de solidarité accompagnent le personnage tout au long de son voyage. Mais le roman ne se limite pas à la souffrance. Thélyson Orélien associe également l’humour et la poésie, laissant à son personnage une place pour le rire, les mots et la mémoire, même lorsque les conditions de son parcours deviennent particulièrement difficiles.
Né aux Gonaïves en 1988, Thélyson Orélien vit au Québec depuis 2010, après avoir quitté Haïti à la suite du séisme. Écrivain, poète et critique, il avait déjà publié des recueils de poésie et un essai avant de se tourner vers le roman. Son parcours littéraire avait notamment été marqué, en 2007, par le Prix international des jeunes auteurs décerné en Suisse pour son texte poétique « Les Couleurs de ma terre ». « C’était ça ou mourir » constitue ainsi son premier roman et s’inscrit dans une œuvre traversée par la mémoire, l’exil et les questions d’appartenance.
Le livre bénéficie également d’une visibilité importante dans le cadre de la rentrée littéraire française. « C’était ça ou mourir » fait partie des 30 romans retenus pour la 25e édition du Prix du Roman Fnac, après avoir été sélectionné parmi plus de 250 ouvrages. Ce prix, créé en 2002, repose sur un jury composé de 400 libraires Fnac et de 400 lecteurs adhérents. Les finalistes doivent être annoncés le 27 août, avant la proclamation du lauréat prévue le 21 septembre 2026. À ce stade, la présence du roman dans les 30 titres en lice constitue donc une première reconnaissance.
Publié au Québec, le roman doit paraître en France le 19 août prochain aux éditions Grasset. L’ouvrage compte 272 pages et fait déjà l’objet d’un intérêt international, avec des traductions annoncées dans plus d’une vingtaine de langues. Pour Thélyson Orélien, cette visibilité accompagne un parcours qui dépasse désormais le cadre québécois et ouvre son écriture à un lectorat francophone et international plus large.
Rappelons que la cérémonie de remise officielle du prix qui se déroulera à Paris, le 17 septembre prochain. Par conséquent, Thélyson Orélien pourrait devenir lauréat de deux prix littéraires francophone le mois prochain.