Brééna Rose Anadini Bélizaire s’impose cette année parmi les voix les plus puissantes de la poésie haïtienne, en remportant le Prix Jean Métellus 2025. Avec une écriture traversée par la résistance et la lumière, elle s’inscrit dans la lignée de celles et ceux qui façonnent, année après année, la conscience littéraire du pays. Son œuvre rappelle, avec intensité, que la poésie reste en Haïti un territoire de lutte autant qu’un espace de renaissance.
Son texte, « Déesses de l’exil, ce que le patriarcat n’a pas tué », a bouleversé le jury. Par la voix du poète Watson Charles, celui-ci salue la puissance et la maîtrise d’un recueil où douleur, survivance et beauté s’entrelacent. Brééna Bélizaire y métamorphose les douleurs vécues, individuelles et collectives, en un cri poétique qui transcende l’intime pour atteindre l’universel.
Dans une langue vibrante, proche de l’oralité, l’autrice revisite à la fois la tragédie et la splendeur d’Haïti. Elle donne à voir les blessures d’un pays, certes, mais surtout celles des femmes qui, dans le silence et la dignité, portent le fardeau de l’Histoire. Ce recueil, qualifié d’« ode à la vie », explore les zones d’ombre de la mémoire haïtienne et affirme, avec ténacité, que « ce pays est un poème inachevé ».
Créé par l’Association des amis de Jean Métellus, en partenariat avec l’AFHES, le Prix Jean Métellus distingue chaque année une œuvre poétique marquée par l’exigence et la générosité du grand écrivain disparu en 2014. Pour cette troisième édition, présidée par Jonas Jolivert, le prix poursuit sa mission : célébrer la littérature haïtienne, cultiver la continuité d’une parole essentielle et transmettre la lumière de Jean Métellus aux nouvelles générations de poètes.






















