Pendant que certains évoquent l’effondrement, d’autres avancent avec des idées. À l’hôtel Montana, la première foire technologique organisée par la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne (CCIHC) et le Conseil national des télécommunications (CONATEL) a offert un autre récit : celui d’une jeunesse qui refuse l’attente et choisit l’action.
Les vendredi 15 et samedi 16 mai 2026, plus de 25 projets portés par des étudiants et des startups ont été présentés devant des visiteurs, des entrepreneurs et des acteurs du secteur privé. Derrière chaque stand, il ne s’agissait pas seulement de prototypes, mais de visions concrètes. Des jeunes venus démontrer qu’Haïti peut aussi produire, innover et proposer des solutions.
Dans les espaces du Montana, l’attention était palpable. Les démonstrations se succédaient avec sérieux : applications mobiles, services numériques, outils pensés pour répondre à des besoins réels. Rien n’était parfait, mais l’essentiel était ailleurs : dans l’effort, la créativité et la volonté de construire malgré un environnement difficile.
Cette foire a révélé une réalité souvent absente des discours : une génération déterminée à exister autrement que dans la crise. Une génération qui veut créer, structurer et contribuer.
L’initiative, annoncée le 11 mai, visait à rapprocher innovation et secteur privé. Sur le terrain, ce lien a pris forme. Des entreprises ont pris le temps d’écouter. Des jeunes ont défendu leurs projets avec rigueur. Pendant deux jours, la technologie n’a pas été présentée comme un luxe inaccessible, mais comme un levier concret de développement, de résilience et de dignité.
Certaines entreprises, notamment dans le transport aérien et les services financiers mobiles, ont également exposé leurs offres. Mais l’essentiel s’est joué ailleurs : dans l’énergie portée par les jeunes. Leur capacité à tenir, à proposer, à croire encore dans un contexte qui, trop souvent, freine avant même de permettre.
Au final, la foire technologique CCIHC–CONATEL laisse un message clair : le futur d’Haïti ne se construira pas uniquement dans les discours. Il se construit déjà, dans ces espaces où une jeunesse apprend à transformer ses idées en solutions.