La grande finale du concours « Et si l’on disait Depestre » s’est tenue le vendredi 14 août 2026, dans les locaux de la Direction nationale du Livre (DNL), dans le cadre des activités marquant le centenaire de naissance de René Depestre. À l’issue des prestations des sept finalistes, Wood Jude Jean s’est imposé avec « Minerai Noir », texte de René Depestre, remportant le premier prix de cette compétition consacrée à l’œuvre du célèbre écrivain haïtien.
La cérémonie, animée par Pierre Antoine Joseph, s’est déroulée de 2 heures à 5 heures. Elle a débuté par les salutations du maître de cérémonie, suivies de l’hymne national interprété par Dulce Saradj Fatima St-Juste. Le professeur Marc Exavier, coordonnateur général de l’année de célébration du centenaire de René Depestre, a ensuite pris la parole, suivi de Stéphanie Mogène, coordonnatrice des CLAC et BM, d’Emmanuel Adjovi, représentant régional de l’OIF, et d’Ernst Saint-Louis, directeur général de la Direction nationale du Livre (DNL). La remise des prix de la Dictée de la Francophonie a également marqué cette première partie de la programmation.
May Lissa Laguerre Bigord, responsable des événements et du protocole et coordonnatrice du concours « Et si l’on disait Depestre », a ensuite présenté l’épreuve et les finalistes. Sophia Fleurant avait également présenté les sept candidats retenus pour cette grande finale. Le jury était composé de Stéphanie Saint-Louis, Meshac Lebrun et Edouard Baptiste. Les candidats ont été évalués notamment sur le respect du temps imparti de trois minutes, la fidélité au texte de René Depestre, la présence scénique, la clarté et l’éloquence.
Les prestations ont permis de revisiter plusieurs textes de l’écrivain. Parmi les finalistes figuraient notamment les interprètes de « Étincelle », « Alléluia pour une femme jardin » et « Je connais un mot ». Wood Jude Jean a choisi de slamer « Minerai Noir », tandis que Marc Dalensky, dit Mister M., a combiné deux textes de René Depestre, « Me voici » et « Je ne viendrai pas », tirés d’ Étincelle. À l’issue des délibérations, Wood Jude Jean a décroché la première place, devant Marc Dalensky, deuxième, et Christopher Verciné, troisième avec « Me voici ». Les trois lauréats ont reçu respectivement un chèque de 50 000, 35 000 et 25 000 gourdes, ainsi qu’un lot de livres et d’autres récompenses.
La partie culturelle a été assurée à deux reprises par Titi Congo, qui a apporté une touche musicale à la cérémonie. L’artiste a notamment proposé un medley de musiques vodou et folkloriques haïtiennes, passant par « Madjani » de Koudjay, avec la voix du regretté Jean Samuel Lubin, dit King Kessy, ainsi que plusieurs chants traditionnels dont « Fèy o, gade mwen nan bwanch mwen/ Yon move van pase li voye m jete(bis)/ Jou wè l tonbe a, se pa jou sa l koule(bis)/ Lè y a bezwen mwen, kote y a jwenn mwen?…» « M pa manje zannana/ M pa fimen sigarèt/ M pa manje kokoye/ Kouman lajan m fè manke ? Il a ensuite intégré des morceaux évangéliques, parmi eux, « Sekou », de Wiliadel Denervil afin de maintenir un équilibre dans l’animation culturelle.
La cérémonie s’est achevée par les échanges et les délibérations du jury, suivis de la remise des trophées et des photos souvenirs, avant une scène ouverte consacrée à la poésie. La célébration du centenaire de René Depestre s’est ainsi poursuivie avec une compétition qui a donné aux jeunes finalistes l’occasion de présenter, à leur manière, quelques-uns des textes du poète devant le public.